Le duo Equipe de foot a sorti son 4e album « Smal talk ». Ils sont en clôture du festival en première partie du plateau qui réunit aussi Marlon Magnée (La Femme) et Domenique Dumont
L’habit ne fait pas le moine, le nom ne fait pas la fonction. Equipe de foot s’y connaît clairement bien plus en rock garage qu’en foot. Et Mike et Alex forment un duo qui peut se démultiplier en d’autres formations aussi riches que joyeuses, dont Moloch/Monolyth par exemple, également programmé sur le festival le vendredi 13 mars au Pulp. Leur binôme, qui en vaut bien onze sur scène, vient de sortir un nouvel album . Ils n’aiment rien tant qu’expérimenter, innover, imaginer de nouveaux sons, avec toujours une bonne base rock noise agrémentée d’une dose de pop légère. « Pour les fans de Nirvana et des Breeders » est-il annoncé par Bordeaux rock. C’est pas faux, au fil de ces treize pépites aux couleurs musicales noise, grunge, pop, abordant des sujets comme la maladie, l’amour, la rupture, l’incompréhension. Même la mélancolie, à l’image du morceau éponyme « Small talk » qui sonne « so Beatles », se déguste comme un bonbon, une madeleine de Proust qui viendrait se lover dans les recoins du cerveau, distillant une bonne dose d’endorphine.
Une dose d’ironie, un zeste de psy
Après des titres d’albums au nom de femmes (« Chantal », « Marilou ») ou de fleurs (« Géranium »), « Small talk » donc. Sont-ils vraiment fatigués de parler ? « Evidemment, c’est un peu ironique, souligne Alex. On a toujours évoqués des sujets importants, avec des personnages clés et ce titre fait référence aux discussions légères, comme on peut en avoir en parlant météo. Alors que « Small talk » est plutôt sérieux, mais on a toujours utilisé le biais de l’humour ».
Côté scène, ils sont très freestyle et se laissent porter par cette folle énergie qui les habite depuis leurs débuts en 2016. « On est dans un mouvement général qui est de ne pas envisager la scène. On fait plein de musiques et l’album se situe dans une autre perspective. Il ne se ressemble pas forcément en live. On fait les disques à l’envers, on compose ensemble et on se demande ensuite comment on fera pour le live. Faire un groupe à deux est important, c’est notre ADN. Plus on faisait d’albums, plus les choses devenaient complexes. On reprend le réflexe de les faire avec beaucoup d’énergie, avec deux synthés en plus cette fois-ci. On a choisi de ne pas mettre de backing track, on joue tout en live, et ça n’en est pas moins du gros rock ».
En anglais toujours, ils abordent des sujets personnels, chacun interprétant sa partie, avec un rapport très personnel à l’écriture. « Choisir l’anglais, c’est une culture musicale, pour moi ce n’est pas une contrainte, ce n’est pas une langue étrangère, souligne Alex. Et puis les Beatles chantaient en anglais ». Quant à Mike, il admet que s’il écoute la musique en français, il ne trouve pas ça hyper musical pour l’écriture. Sauf dans le rap. « Mais nous n’avons pas les réflexes qui viennent de là ». Côté textes, chacun son style. Mike écrit quatre pages pour ne garder qu’une ou deux phrases au final, dont il ne mesure l’inspiration et la portée que six mois après parfois. Quant à Alex, il peut bloquer longtemps devant la page blanche, et alors, une phrase surgit et c’est la bonne. La psychanalyse n’est pas loin de leur univers (très) créatif. Et l’introspection en fait partie.
« Melting White Fox » est une chanson d’amour qui évoque la rupture. Et pose la question « Peut-on s’aimer après le couple? » Une chose est certaine, le duo Alex/Mike est un couple qui dure. Si la musique adoucit les moeurs, la politesse aussi, avec un album de 12 morceaux qui commence par « Bonjour » et se termine par « Au revoir ». Est-ce la réponse à leur longévité, en plus du talent? « A samedi » en tout cas.
Le samedi 14 mars à partie de 19h30 à la salle des fêtes du Grand Parc à Bordeaux.
Festival Bordeaux rock du 11 au 14 mars dans divers lieux de Bordeaux. Programme complet sur www.bordeauxrock.com
Rock en ville
Festival dans le festival, Rock en ville propose une déambulation dans sept lieux à la découverte de 40 concerts, les 12 et 13 mars. Deux jours pour découvrir l’actualité du moment à travers des groupes plutôt jeunes et la vivacité de la scène locale qui prouve, si besoin était, que Bordeaux résiste encore et toujours au mainstream et reste un bastion du rock. Et puis, vingt ans d’existence, ça se fête avec une compilation aux petits oignons, concoctée par l’équipe de Bordeaux rock.
Les Hot Flowers seront à La Maison Allez les Filles le vendredi 13.

