Après son prix Nobel, Bob Dylan a essayé d’expliquer dans un livre qu’une chanson n’était pas de la littérature. Pascal Bouaziz l’illustre au cœur d’un livre qui lui, en est. A découvrir ce jeudi 9 avril à La Villa Valmont
Dans son quatrième livre (éd. Mediapop) « Bavarde aphasie sur chansons trouées », il a enchâssé ce qu’il appelle ses
« chansons trouées » entre deux blocs de noirceur sur la vie quotidienne, la maladie, quelques références culturelles et l’expression persistante d’un fort dégoût de la société et de soi assimilable à la catégorie post-moderne : « affres de la création ». Auteur-interprète (de Bruit Noir avec Jean-Michel Pirès, programmé au dernier festival Bordeaux Rock après avoir été celui de Mendelson), Bouaziz propose une forme littéraire courte du genre haïkus, des petits trucs en prose maîtrisée.
« Styles nouilles à l’eau »
Son humour auto-dépréciatif, ce qu’il appelle son « style nouilles à l’eau », est une trouvaille d’homme au foyer hypersensible qui culpabilise et se sent inutile comme un barbecue dans un jardin hors saison. Parfois son masochisme est un peu affecté. « Je me répands sur ces pages comme un trois tonnes accidenté répand ses débris sur la route » écrit-il. On espère que le chauffeur n’est pas blessé. Plus près du noir sur noir des vitraux de Soulages que des adaptations « Noir c’est noir » de Johnny, Pascal Bouaziz anime par ailleurs des ateliers d’écriture. Il est invité par la Librairie Olympique et aux dernières nouvelles n’a aucune visée sur l’Eurovision. Il dit des choses méchantes mais agréables à lire sur les DRH, sans se plaindre, « déprimant encore plus » écrit-il, à l’idée que quelqu’un soit « enthousiaste à la simple perspective de le rencontrer ».
Joël Raffier
« Bavarde aphasie sur chansons trouées », ed. Mediapop (376 p. ; 20 euros)
Rencontre et lecture ce jeudi 9 avril à 19 h à la Villa Valmont, 20, rue Sourbès à Lormont

