Les Nubians, les voix vagabondes

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Les chantres de la Nü Soul à la française entament la tournée « Résonance(s) : L’Héritage Nubians » et passent à Bordeaux, un événement en soi

Si Hélène et Célia Faussart ne vivent plus dans la capitale girondine depuis fort longtemps, leurs voix n’ont jamais cessé de résonner et flotter au-dessus de le Garonne. Car c’est à Bordeaux que tout à commencé. C’est ici qu’elles sont nées artistiquement, aux côtés d’acteurs et d’artistes comme l’association Musiques de nuit, Souleymane Diamanka ou même l’opéra de Bordeaux. Premier duo de Nu soul à la française, elles ont créé le concept de « soul afropéenne » et sont allées conquérir l’Amérique avec cette idée de pont entre les cultures, où leur carrière a explosé : nomination aux Grammy awards, featurings avec The Roots, Youssou n’Dour, Black Eyed Peas… Indépendantes, elles sont aussi productrices, cheffes d’entreprise, et gardent toujours la main sur leur destin. Aujourd’hui, elles sont particulièrement enthousiastes à l’idée de retrouver le public bordelais

Comment est née et se présente cette tournée ? 

Les Nubians : A la faveur de le rééedition en vinyles collector par Warner Music de nos deux premiers albums, on a décidé d’accompagner cette initiative par une tournée. On revisite nos morceaux avec de nouveaux arrangements. Il y a sur scène avec nous trois musiciens et une choriste, peu d’effets visuels, juste nous, les deux nubiennes, bien habillées, fidèles à notre style. Ce qui est intéressant, c’est qu’on part avec un groupe renouvelé, et surtout plus jeune que nous. Le premier concert de Samuel Laviso notre batteur, a été un concert des Nubians en 2004 à la Guadeloupe. Quant au premier rendez-vous de la tournée, ce sera à Marseille, au Makeda (NDLR : du nom du titre phare des Nubians), tenu par deux femmes. Et notre premier album a été enregistré par un producteur marseillais. Bref, on boucle les choses.

Depuis quand êtes-vous revenues en France ?

Hélène : « Après une dizaine d’années aux États-Unis, j’ai pris une décision », déclare Hélène : « J’ai quitté les USA en me disant que je n’aurais plus jamais froid. Et après un passage au Cameroun, je vis depuis 5 ans à la Guadeloupe ».

Célia : « Pour ma part, ajoute Célia, je suis restée quelques années de plus aux USA, puis je suis finalement rentrée à Paris. La maison nous manquait, le vent tournait, ça devenait assez désagréable aux USA, les conversations étaient moins intellos, plus suspicieuses, c’était juste avant le Covid ».

Vous avez vraiment le sentiment de revenir à la maison ?

Oui, et le plus étonnant, c’est que nous allons jouer pour la première fois au Rocher de Palmer à Cenon, qui n’existait pas encore quand nous avons quitté Bordeaux. Alors que nous avons fait tellement de choses avec Patrick Duval, (le directeur du Rocher),  et l’association Musiques de nuit. On a participé ou animé des ateliers dans les centres sociaux de Cenon et Lormont, on est allées en Mauritanie, au Québec avec lui.

Comment expliquez-vous votre succès aux USA ?

On faisait quelque chose de différents des artistes américains. On sonne différemment, ils aiment notre musique, et nos chansons sont même rentrées dans les livres scolaires américains et canadiens. « Je veux de la musique » intéresse les profs de français. On a même découvert que nous sommes dans des mots croisés ! On fait partie des classiques, il y a un public qui nous aime. On a plein d’anecdotes, les gens nous reconnaissaient dans la rue. Une fois, j’ai participé à un Karaoké à Brooklyn (Célia, NDLR). Un de nos morceaux est passé, j’ai commencé à chanter, puis au fur et à mesure, en regardant la vidéo, les gens se sont rendu compte que c’était vraiment moi. C’était hyper drôle. On a mené la vie cool, loin du star system mais les personnes qui nous abordaient le faisaient toujours de manière très respectueuse. Vivre aux USA nous a permis de continuer notre carrière, nous étions le French duo.

Qu’avez vous fait toutes ces années où on ne vous voyait plus  ?

Nous n’avons jamais lâché le truc, même si ici, vous en aviez le sentiment. Ces dix dernières années, nous avons fait la tournée « Up close and personal » et joué sur des grosses scènes à travers le monde, au Swaziland, en Indonésie, au Nigeria, en Australie. Le fait de revenir en France nous rapproche des scènes européennes, nous ouvre de nouveaux territoires. Nous n’avons jamais joué en Suisse ou à Londres par exemple. Il y a deux ans, en 2023, le concert du New Morning à Paris, était complet deux semaines avant. Les cinq premiers pays qui nous écoutent en ce moment, ce sont le Brésil, la France, les USA, l’Afrique du sud et… l’Ukraine ! Et on nous a également dit qu »à l’époque de la guerre avec l’Irak, les américains écoutaient beaucoup les Nubians.

Vous êtes toujours d’actu finalement, indémodables.

Effectivement les thèmes qu’on abordait il y a 25 ans sont en plein dans l’actualité, s’inscrivent complètement dans les discussions et questionnements du monde contemporain. On abordait des sujets sociétaux qui sont au cœur du monde d’aujourd’hui. On était à l’avant-garde et on fait partie des classiques maintenant.

Concert le 10 samedi 10 janvier à 20h30 au Rocher de Palmer à Cenon.

6/31 euros.

www.lerocherdepalmer.fr

Tournée Résonances :

  • 8 janvier au Makeda à Marseille
  • 9 janvier à Montpellier
  • 14 janvier à Londres
  • 17 au New Morning à Paris
  • 21 à Berne en Suisse
  • 24 à Collonge-Bellrive