PANDORAS-THE BRIEFS : DU 60’S GARAGE AU PUNK 77

Mercredi soir, c’était le lancement de Relâche au Pôle Ev@sion d’Ambarès. Un festival qui ne lâche rien

La soirée rebat les blases de filles, from Shangri-Las to Donnas, en passant par toutes les r!ot grrrls qui ont constellé les années : Runaways, Lou’s, Slits… Les Calamités & tutti Hole, Pussy Riot. Francis AllezLesFilles : « En même temps, les nanas demandent toujours s’il y aura des girls-groups dans notre prog’… mais pourquoi ne viennent-elles jamais les voir live !?» Dans ce Pôle Evasion d’Ambarès, l’ambiance est aux retrouvailles du cercle R’n’R : ici une bise à Jean-Yves du bar à bières belges Le Lucifer, là à l’affichiste de moult nuits blanches, Sid, parmi une foultitude de musiciens inchangés. Deux générations cohabitent chez les Pandoras, basse/batterie sixties-punk renouvelée, autour des plus historiques : la chanteuse-guitariste, et la pimpante Melanie Vammen, claviériste qui joue aussi du tambourin, de la gratte, et de la jambe
résillée. « Cet orgue et le son, font carrément penser aux Animals, c’est rare… » Et comment, « G.L.O.R.I.A. »

Geyser de notes
Et puis déboulent The Briefs, tous en lunette noires couvrantes, 77 attitude & look. A la prime seconde, on croirait voir les Toy Dolls, mais cela va autrement résonner Buzzcocks. Compliments: ces geysers de notes, ces lignes mélodiques à trois chants qui se partagent les titres. Là on dirait «New Rose» des Damned, ici «I don’t care» des Ramones… mais fi de
riff-HIFI référentiel ! Avec des hymnes tel «Destroy USA» qui fleure bon sa détestation, et autre «My girl-friend is a communist», The Briefs ne semble jouer que des singles. Une tripotée de face A compilées, qui retiennent, remuent. Façon ramonage à la one/two/three/four, rémoulade sans temps mort, enchaînant grosjean comme devant. Court, sec & droit. Voire bien pendu par la cravate, tel que mimé par un guitaro, rappelant ainsi la pochette de Eddie and the Hot Rods.

MAESTRIA ATTRACTIVE
On dit souvent qu’un batteur vous tient un band. Là, le gars ne joue pas que des pieds et des bras, il hoche la tête en essuie-glaces, rajoutant à sa maestria une franche attraction. Décuplée par la projo live, en fond de scène. Qui fait la différence, sans sombrer dans ses foutus écrans géants d’arènes. Et permet ici, visions bonus et angles variés bienvenus. En sus d’effets de lights, et d’une sono aux bons soins… cette ouverture de «Relâche», augure décidément d’un festival qui ne lâche rien de ses fondamentaux. Quand, dans la même soirée, on apprend qu’un groupe d’actualité, interdit à son public de… po-go-ter. Brrrr, où vont donc pouvoir encore se nicher l’hygiénisme techno, et l’hantavirus fascisto !?. A contrario du gig bien sûr, où en cravate fine & fière, chemise à pois, badge de 4 centimètres et chemise coupée aux épaules, le punk spirit vieux comme la fée électricité, n’en a pas fini d’éclabousser, zébrer, cingler. Ni de nous faire mentalement léviter.
Texte Patrick Scarzello/ Photo Philippe Prevost