Fidèle à la formule latine, « Non nova, sed nove », qui a donné en partie son nom à sa compagnie, en résumé « nous n’inventons rien, nous le voyons différemment », Phia Ménard continue d’offrir son regard si original sur le monde. Elle nous ouvre de nouvelles fenêtres et creuse depuis quelques années le sillon de l’aérien. Oui, c’est possible. Ou quand les lois de la physique rejoignent la philosophie, quand un spectacle insuffle la vie. Car « Nocturne » est un souffle, rien qu’un souffle. D’une dizaine de ventilateurs qui animent des personnages insaisissables. Sur scène, seulement deux interprètes humains, pour une pièce dont on ne dévoilera pas plus l’ingéniosité, mais qui souffle le chaud et le froid, la guerre et la danse, la mort et la vie, la gravité et la légèreté, l’effroi et l’espoir. Une madame Loyale à l’allure brechtienne, vraie Mère courage, menton et seins en avant, et un monsieur Loyal tour à tour croque-mort ou capable de ressusciter des personnages qui se seraient emmêlés les pinceaux, et s’essouffleraient. Une leçon de vie se joue en une heure au centre d’un manège d’équitation, et s’ouvre sur l’effrayant poème de Goethe, « Le Roi des Aulnes », dans un noir sépulcral, au seul son enrobant de la cavalcade.
Pièce de vent
Si l’atmosphère évoque le deuil, -Phia Ménard a écrit cette pièce alors que son père s’éteignait-, elle dit aussi tout l’espoir qu’elle met dans la jeunesse et le renouveau. Aux Trump et autres forces mortifères qui sont l’occasion d’une danse folle et chaotique, elle oppose une créativité sans limite, la joie, la légèreté et toujours un zeste d’humour. Dans ce monde bancale, l’air de la Reine de la nuit par Florence Foster Jenkins, -celle se prenait pour une diva et chantait comme une casserole interprétée au cinéma par Catherine Frot dans « Marguerite », fait sourire même dans le moment le plus noir. Et puis, Nocturne, c’est toujours et avant tout Chopin. Sa délicatesse pour accompagner une pièce de vent, un moment suspendu. Et là, l’expression n’est pas galvaudée.
Encore ce vendredi 30 janvier à 19h et samedi 31 à 18h au TNBA https://tnba.org
Nocturne (Parade) est en tournée
LILLE (59) – Théâtre du Nord, L’Idéal – Tourcoing – en partenariat avec Le Grand Bleu
Mer. 11 février, Jeu. 12 février, Ven. 13 février 2026
ROUEN (76) – CDN de Normandie-Rouen
Mer. 11, Jeu. 12, Ven. 13, Sam. 14 mars 2026
IFS (14) – Le Sablier – Centre National de la Marionnette
Dans le cadre du Festival Spring
Mar. 17 mars, Mer. 18 mars, Jeu. 19 mars 2026
CHERBOURG-EN-CONTENTIN (50) – Le Trident – Scène nationale de Cherbourg-en-Contentin
Dans le cadre du Festival Spring
Dim. 22, Lun. 23, Mar. 24, Mer. 25 mars 2026
BOBIGNY (93) – MC93 – Maison de la Culture de Seine-Saint-Denis
Mer. 1er, Jeu. 2, Ven. 3, Sam. 4, Mar. 7, Mer. 8 avril 2026
RIS ORANGIS (91) – Centre Culturel Robert Desnos – Scène nationale de l’Essonne
Jeu. 16 avril, Ven. 17 avril, Sam. 18 avril 2026
LE MANS (72) – Les Quinconces & L’Espal – Scène nationale du Mans
Mar. 28 avril, Mer. 29 avril, Jeu. 30 avril 2026
VILLARS-SUR-GLANE (Suisse) – Nuithonie
Sam. 9 mai, Dim. 10 mai 2026
VALENCE (26) – La Comédie de Valence – Centre dramatique national Drôme-Ardèche
Mar. 19 mai, Mer. 20 mai, Jeu. 21 mai, Ven. 22 mai 2026
LYON (69) – La Maison de la Danse aux Subsistances
Mar. 26 mai, Mer. 27 mai, Jeu. 28 mai 2026


