Seven eyed crow ou quand le metal ose l’émotion

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Les Bordelais de Seven eyed crow seront sur la scène de Sortie 13 à Pessac en première partie du groupe de metal alternatif Bad Situation. L ‘occasion de célébrer sur scène leur nouvel album « Emerge » et de le présenter avec toute la sueur et l’intensité qu’il mérite

Belle métaphore que ce drôle de nom d’oiseau pour incarner l’esprit d’un groupe qui ne veut pas se laisser enfermer dans un carcan, une mode, une tendance. Il faut dire qu’un corbeau à sept yeux, ça regarde forcément au loin et surtout de tous les côtés, dans plusieurs directions. Sorti en janvier dernier, ce 2e album « Emerge » comprend dix titres et impose Seven Eyed Crow comme un groupe qui compte dans le paysage du rock metal progressif, plutôt sophistiqué, porté par une voix aux mélodies envoûtantes. Des sons rock, stoner, metal progressif habillent des textes engagés, laissant percer les émotions comme les coups de gueule ou de blues. Yoann, le bassiste qui a rejoint le groupe en 2019 en parle au nom de tous, dont le point commun est d’être habités par la passion et un même enthousiasme

Clubs & Concerts : Comment définiriez vous votre style? Quelle est l’identité de ce groupe créé il y a plus de dix ans?

Yoann Roy : Premièrement, l’hybridité. Une hybridité qui se justifie par le refus de choisir un camp en matière de musique. On aime le gros son, rock, metal, mais on aime autant les mélodies. Il y a plein de choses qu’on a envie d’entendre. Deuxièmement, il s’agit de ne pas s’enfermer dans un registre, sous une étiquette ou dans un univers sonore. L’hybridité du metal, c’est la complexité de lecture de notre groupe. Le gros son et la mélodie, ça nous plaît et c’est là où se situe notre identité. On ne voulait pas être un énième groupe de rock, on se situe à la confluence des aspirations et des références.

A ce propos, quelles sont vos influences?

Depuis quelques années, il y a un groupe qui a vraiment pris le leadership parmi nous, ce sont les Norvégiens de Leprous. Il y a aussi les anglais de Tesseract, les australiens de Karnivool, un gros point de référence pour nous.

Vous n’interprétez que des compositions? Comment ça se passe?

Effectivement, nous ne jouons que des compositions et on se situe à l’exact endroit entre notre génération, -à savoir des quadragénaire-, et les outils de maintenant. On compose beaucoup en local, on se voit régulièrement pour faire avancer le projet artistique. Mais on se sert aussi beaucoup de la technologie pour peaufiner, affiner. Cependant, le côté humain est hyper important pour garder le contact avec le travail derrière l’ordinateur, plus chirurgical, moins passionné. Les deux approches sont nécessaires, parce-qu’on peut se retrouver avec un morceau qui, une fois posé au propre, n’est pas si incroyable qu’on avait imaginé.

Quels sont les thèmes que vous abordez dans vos chansons?

Nous sommes très sensibles à l’actualité. On ne vit pas dans un monde parallèle, on suit tout ce qui se passe en ce moment. Nos convictions concernent le vivre ensemble, le social, l’écologie. En tant que papas de jeunes enfants, ça pèse dans nos aspirations. La destruction écologique, ça nous parle; l’hyper-capitalisme au point de faire passer le profit devant au détriment de tout. l’avidité, la cupidité, ça nous pose problème. Les textes sont écrits essentiellement par Jay, c’est lui qui s’y colle. Il est chanteur/auteur, on est raccords. Pour ce qui est de la musique, 90% du point de départ, c’est le guitariste, Aurélien. Après, toute la construction se fait dans l’échange. On pose un ou deux riffs, il y a un vrai côté labo, on confronte les idées, les goûts et les couleurs.

Et pour cet album, comment avez-vous imaginé d’investir la scène?

On a répété régulièrement, pris beaucoup de temps à travailler le son, on a aussi fait une résidence à Sortie 13. Il s’agit d’être à la hauteur en live! Il faut savoir que ce n’est pas une musique évidente à faire entendre en France. On a des supers chroniques en Angleterre, en Pologne, en Italie. Mais ce n’est pas le type de metal le plus facile à défendre en France.

Il faut donc se rendre sur place pour éprouver et vérifier la portée de ce nouvel opus. Afin de se préparer et se mettre dans l’ambiance, deux clips sont déjà visibles, « Gaslighted » et « Mind blowing signs ». Et un nouveau est sorti ce vendredi 20 mars intitulé « We all shall fall ».

Seven Eyed Crow en première partie de Bad Situation, le vendredi 27 mars à 20h30 à Sortie 13 à Pessac. 15 euros. Le groupe est programmé sur le Off du Hellfest le 17 juin et au Festival  » Drôle de mômes… » le 10 juillet à Montendre (17).