Le collectif Vivarium, déjà auteur sous un autre nom, d’une pièce sur le monde du travail, s’attaque cette fois-ci à la politique. Et aux apparences. Et à l’identité. Et aux univers parallèles. Et aux zombies cyborgs. En fait, à plein de choses. Un millefeuille en forme de comédie qui pense.
Cassandre est la candidate idéale : elle est belle et dit des choses tellement brillantes que tout le monde s’identifie à elle. Et c’est la première attaque du monde des faux-semblants : son discours, ce sont juste des notes de musiques qu’une IA peu inspirée offrirait à n’importe quel musicien de troisième zone. Parce qu’ici, tout est mis en scène par un quatuor de communicants qui n’ont qu’une idée en tête : arriver au pouvoir coûte que coûte. Quitte à remplacer Cassandre par sa sœur jumelle quand elle meurt. Ou par un sosie vocal lorsque celle-ci meurt à son tour.
Mais l’histoire, on s’en fout un peu. Eux aussi d’ailleurs, qui la maltraitent avec comme seul soucis d’enchaîner l’invraisemblable pour nous faire rentrer dans la quatrième dimension de la communication, celle où rien n’a d’importance, surtout pas la véracité.
Du fond sous la surface
Et c’est là la grande intelligence de cette comédie politique : délaisser le discours offensif pour se bâtir un discours à base de pop culture, de série Z, d’utiliser la farce pour mettre du fond là où il ne semble y avoir que de la surface. Exactement le contraire du discours de Cassandre. On passe alors du discours frontal aux aventures de moins en moins crédibles de communicants qui en oublient même leur objectif de pouvoir, pour ne garder que la volonté de faire advenir leur réalité qui finit par leur échapper elle aussi.
La mise en scène est brillante, habile, dynamique et elle serre les vis de cet édifice qui pourrait être facilement branlant. Et qui le semble parfois, tant on est aux limites de l’absurde, de la bonne blague. Mais on aussitôt rattrapé par une phrase, un monologue qui remet le tout en selle et lui indique le sens. « Quand on n’est pas capable d’avoir cette lumière en soi, on va la chercher chez les autres » confie l’un des communicants, faisant le deuil de ses propres espoirs politiques. Ceci entrelardé de clins d’œil cartoonesques servis par des comédiens qui jouent la désinvolture avec précision. Juste ce qu’il faut pour être sur le fil du rasoir de cette pièce explosive. Qui manie l’humour sans précaution et finit par lui trouver un sens. A la fois réjouissant et salutaire.
Les dates
Jusqu’au vendredi 16 janvier 2026. Glob Théâtre à Bordeaux.
Jeudi 5 mars 2026 au Théâtre de Thouars (79)
Jeudi 19 mars 2026 au Théâtre d’Angoulême (16)
Mardi 27 mars 2026 au Gallia Théâtre à Saintes (16)

