KRAVACHE MOUILLE lE SHORT A L’ETHER

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Le groupe emmené par Zabou au mic’ était à l’Ether samedi soir. Ou comment l’histoire du punk rock bordelais n’en finit jamais de s’écrire. Avec panache


Sensation de la scène bordelaise, Kravache a du répondant. On a commencé à voir Zabou, chant & clavier, peut-être bien avec Les Snoc, à l’iBoat en ouverture de nos chers Olivensteins. Et bien sûr ensuite avec Ultimate Série Z à moult occases, dont un anniversaire must de la vénérable Assiette Musicale, à l’Athénée Libertaire, non moins honorable oasis underground
depuis tant de décennies.
Sens du show, et reprise sentie du « Je suis conne » de Brigitte Fontaine, en sus des créations. Jusqu’à cet ultime gig, au fin fond de la rive droite, à La Grange, restau-concerts Last chance, à la Margerin new millenium… qu’il faut voir pour le boire. Et réjouit comme lors des années folles. On y allait alors pour Zabou la meneuse enlevée & Sergio Latapy, guitaro. Là, depuis de nombreuses saisons, la Z se donne en mistress K. Et le following a changé. Majoritairement féminin d’un rien, la centaine juvénile danse joyeusement à L’Ether, le bien nommé bar-concerts des Menuts. Qui nous fait chaque fois se demander pourquoi on adore réécouter tous ces titres punk & assimilés 70/80, en public et en soirée, là où on ne le fait guère chez soi. Ah.

Speed speed speed
En formation guitare/basse/batterie, Kravache dévale son punk-rock à bonne vitesse, speed, speed, speed. Et tant pis si l’on a quelque mal, forcément, à capter les paroles, en bon français. Tous ces « Euthanasie nazis », et autres « Patatras patriarkkka » s’avèrent bien là pour souligner le trait, concerné. En ces heures de clarification, où finalement un peu seul, il faut un Dominique A pour « zapper Bolloré » de vrai, Kravache sent l’épine de rose. Et la non-Bunny à oreilles félines cravache la cymbale, lâche les chiens, et se tient fièrement debout. En comparaison de ce qu’on voyait/entendait autrefois,
K comme karma. Une droite symbolique qui pourrait sonner glam en enregistrement, lorsqu’arrive un titre groovy à la dure, horizon Blondie. Ou lorsque la reprise se pose sur la « Priscilla » de Jad Wio. Qui va avec le look des gars, de grosses lunettes, un casque aux reflets glitter et la paillette bien flashy. L’un des piliers de Kick The Asso a nommé « punk à facettes » ladite Kravache. De juste.
Patrick Scarzello